Un programme d’actions en faveur des traumatisés crâniens

dimanche 15 avril 2012

Le Ministère de la Santé à présenté un programme d’action en faveur des traumatisés crâniens

Le programme d’actions en faveur des traumatisés crâniens et blessés médullaires a été présenté par Nora Berra et Marie-Anne Montchamp le 8 février lors de leur visite à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine). Un comité de suivi interministériel garantira sa mise en œuvre.

Chaque année en France, 155 000 personnes sont hospitalisées pour un traumatisme crânien. Parmi elles, 8 500 garderont des séquelles invalidantes. Pour présenter le programme d’actions 2012 prenant en compte les spécificités physiques et psychiques du traumatisme crânien, Nora Berra et Marie-Anne Montchamp se sont rendues le 8 février à l’hôpital Raymond-Poincaré à Garches doté d’un pôle "handicap-rééducation" pour la prise en charge des personnes victimes de traumatisme crânien ou de blessures médullaires, Un programme souhaité par le Premier ministre en avril 2010.

Un double enjeu : sanitaire et médico-social

Comme l’a souligné Marie-Anne Montchamp, "la qualité de la prise en charge des traumatisés crâniens est essentiellement fonction de la rapidité et de la pertinence des secours, de l’orientation du blessé auprès d’établissements organisés, équipés, mobilisés pour cette prise en charge, que ce soit lors de la phase aiguë ou en rééducation. Elle dépend également, pour le long terme, de la coordination en réseau de tous les professionnels, à toutes les étapes, dans les domaines sanitaire et médico-social."

Pour ce faire, l’offre de soins – qui repose sur des données datant de dix ans – doit être réadaptée souligne le programme. Les ARS devront dresser un tableau de l’offre hospitalière actuelle : unités de soins de courte durée, unités post-coma, SSR, unités EVC-EPR, etc.

Il convient également de mieux connaître l’origine de ces accidents afin de pouvoir les prévenir. Bien que la première cause des traumatismes crâniens soient les accidents de la route, d’autres facteurs existent, a rappelé Nora Berra : "les chutes des personnes de plus de 60 ans, les activités sportives et de loisirs qui touchent les 15-30 ans, ou encore les bébés secoués…". Mais "force est de constater que nous connaissons mal ces traumatismes", souligne la secrétaire d’Etat à la Santé qui a annoncé plusieurs mesures pour y remédier : l’élaboration d’un document de synthèse sur les connaissances épidémiologiques en la matière qui devra faire ressortir la prévalence de ces pathologies. Une autre étude – financée à hauteur de 30 000 euros – permettra de connaître le devenir des traumatisés crâniens victimes d’accident de la route.

Parmi les mesures d’information et de prévention, une campagne sera menée dans les structures de soins, les écoles et les centres sportifs afin de sensibiliser sur les dangers réels des traumatismes crâniens légers(4). Elle sera aussi dotée de 30 000 euros. Le ministère de la Santé va également développer sur son site une rubrique dédiée aux traumatisés crâniens et médullaires contenant toutes les informations utiles en termes de prévention, de connaissances et de prise en charge adaptée. Nora Berra a annoncé la création d’un Centre de ressources national du traumatisme crânien sur la base du centre de ressources francilien existant.

Favoriser le retour à la vie ordinaire

"La réalité du retour à la vie ordinaire, c’est souvent celle du handicap", a rappelé Marie-Anne Montchamp. Afin d’éviter la rupture dans le parcours de soins des personnes, "une bonne coordination des services de soins de suite et de réadaptation et du secteur médico-social est essentielle", souligne-t-elle. L’accompagnement médico-social adapté doit se faire dès les soins de suite et de réadaptation (SSR) avec une bonne articulation entre les services hospitaliers et les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH).

Au plan sanitaire, les ARS auront pour mission de "mettre en place des consultations de suivi systématisées et multidisciplinaires", précise Nora Berra, pour la prise en charge des traumatisés dès leur sortie de l’hôpital. Au plan médico-social, le programme prévoit, d’ici au 30 mars 2013, la publication d’une étude sur les besoins du secteur (MDPH, centres SSR…). Une étude financée à hauteur de plus de 85 500 euros.

Les MDPH, les Samsah et les Ueros – dont le rôle est primordial – ne sont pas également répartis sur tout le territoire. Marie-Anne Montchamp a demandé aux ARS "d’achever le maillage du territoire" pour permettre au plus grand nombre de bénéficier des projets individuels de réinsertion sociale. Elle a enfin annoncé la création en 2012 de 40 groupes d’entraide mutuelle (GEM) supplémentaires, des lieux de rencontre et d’activité "particulièrement adaptés à la situation et aux besoins des personnes traumatisées et cérébro-lésées".

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